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"Panser les blessures invisibles"

 

"Les policiers sont des gens dont le statut et plus exactement, le règlement d’emploi et le code de Déontologie, les astreignent d’être disponibles, jour et nuit, en activité comme au repos.

Par leurs compétences et leurs domaines d’intervention, vastes, divers et variés, visibles ou inconnus ils s’apparentent, par certains aspects, à d’autres corps de métier.

Au médecin tout d’abord, ils empruntent l’écoute, l’observation, les conseils, l’intuition, le diagnostic (de situation), mais aussi le réconfort, le soulagement, et parfois l’injonction de traitement auprès de la population.

Au militaire ensuite, ils empruntent la pratique de missions, pour certaines programmées et pour d’autres imprévisibles, brutales, violentes, sans anticipation possible, les unes et les autres, comportant des risques majeurs, aujourd’hui plus qu’hier et vraisemblablement moins que demain.

Enfin et surtout, ils sont avant tout des humains, avec des proches qui vivent au mieux les souffrances endurées quand le partage de l’activité est possible, quand l’activité est connue, mais silencieuse souvent, avec des proches qui ne peuvent qu’ignorer ces difficultés par la nature confidentielle des missions effectuées exigées.

Si le Ministère de l’Intérieur, en général, a pris la mesure de ces problématiques par la mise en place de plans médico-psycho-sociaux (médecine de prévention, statutaire, psychologues et assistants sociaux, plan spécifique de lutte contre le suicide), l’ANAS, entre autres pôles d’activités, s’est attachée à développer spécifiquement une véritable prise en charge de cette détresse au sein de son établissement de santé ANAS-LE COURBAT en INDRE et LOIRE, dans le cadre du développement de l’association, établissement lui-même acquis en 1953, et destiné à l’origine aux policiers atteints de tuberculose.

Sa directrice, Madame Frédérique YONNET, mérite bien des éloges, car elle est à l’origine de la transformation de l’établissement en un véritable pôle d’excellence dédié aux souffrances des policiers, un « Trauma Center » tant au plan des conduites addictives dont l’établissement fut historiquement l’initiateur, mais surtout plus récemment, avec une attention particulière pour les souffrances psychiques, les syndromes d’épuisement, les troubles de stress post-traumatiques dont on sait que les prises en charges sont indispensables à la résilience des fonctionnaires.

Par ses méthodologies de prise en charge et de suivi, l’établissement de santé est aujourd’hui une référence pour d’autres ministères qui s’ouvrent aux partenariats.

Mais mes propos ne seraient pas complets si je ne rendais pas également hommage au Dr Fatima IDBRIK, médecin-chef addictologue du centre, à son confrère le Dr Nha DO CAO, médecin du sport et de thérapie manuelle ainsi qu’à l’ensemble des personnels et intervenants. 
Je pense notamment aux équipes soignantes, aux psychologues, à l’assistante sociale, aux encadrants des activités thérapeutiques parmi lesquels le préparateur physique dans le cadre de la ré-athlétisation du patient, de la balnéothérapie et de la relaxation, le policier assistant médico social, les moniteurs éducateurs qui assurent les prises en charge en équitation de reconnexion émotionnelle, à l’atelier de création et à l’atelier journal.

Je pense aussi à l’atelier de psycho éducation, aux groupes de parole, aux consultations diététiques et hygiène de vie, sans oublier les équipes administratives et hôtelières ainsi que les intervenants extérieurs qui œuvrent tous, chacun dans leur domaine, par leur écoute reconnue et leur disponibilité sans faille.

Ainsi, s’il y a des contagions qui laissent augurer de bonnes choses, comptons sur l’engagement permanent de ce soutien au service des policiers, comptons sur l’engagement de ses responsables et de l’ensemble de ses personnels, soucieux de rompre cet enfermement et cette solitude, avec, toujours, le même enjeu : soigner, réparer, ré insérer professionnellement et enfin, assurer les suivis psychologiques, sociaux et ministériels (service d’affectation) des intéressés dès le jour de leur sortie.

C’est ainsi que j’écris cette première page en qualité de médecin conseiller national, avec humilité, parce qu’il y a tant de défis à relever encore, mais également avec honneur et fierté car tant de projets ont déjà menés."


Docteur Jean-Michel LE MASSON

Chef du Service de santé Zonal pour le SGAMI Ouest
Ancien Praticien qualifié du Service de Santé des Armées

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16/1/2020

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