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Cérémonie des vœux de l'ANAS : Pierre Cavret salue l'immense énergie déployée par celles et ceux qui s'engagent au service des autres

18/12/2017

 

Discours de Pierre Cavret, Président national de l'ANAS, prononcé lors de la cérémonie des vœux 2018 de l'ANAS au siège administratif de Joinville le Pont, le 13 décembre 2017.

 

Mes chers camarades, anasiennes et anasiens,

Et vous tous chers amis de l'ANAS,

 

Merci d'être si nombreux, ils sont trop rares les moments comme celui-ci, où nous pouvons suspendre pendant quelques instants le cours laborieux de notre engagement professionnel, pour nous retrouver entre amis, précisément ici, au siège de l'ANAS. Nous nous réjouissons profondément de votre amitié et de votre soutien.

Au nom du personnel de l'ANAS, de l'ensemble de nos élus, des administrateurs nationaux, des présidents départementaux, de nos directeurs, des délégués locaux et surtout des militants de terrain comme en mon nom personnel, je vous souhaite à tous la bienvenue et vous exprime l'immense plaisir que nous éprouvons à vous accueillir , ici, dans cette maison qui est , vous le savez bien, évidemment la vôtre.

C'est avec fierté que nous vous recevons.

Cette fierté, nous la devons à nos anciens, nous la vivons par procuration, ou par délégation, des générations d'anasiens, qui depuis les fondateurs, en 1949 par le SNIP des CRS, un corps où la solidarité et la fraternité ne sont pas de vains mots.

Solidarité, fraternité, ces valeurs qui sont  inscrites sur notre logo, c'est notre raison d'être, notre but à atteindre en permanence, c'est notre idéal de tous les jours, ce pourquoi nous travaillons et œuvrons chaque jour pour le mieux-être, le mieux vivre de toutes celles et ceux, qui exercent, à quelque niveau que ce soit, nos difficiles métiers.

Aujourd'hui avec l'expérience acquise et la professionnalisation effectuée, c'est toujours cela l'ANAS, avec ses partenaires, surtout Unité Police dont le secrétaire général, Yves LEFEBVRE est un soutien inconditionnel de l'association, qui se sont unis dans une longue et solide chaîne ininterrompue pour apporter le mieux possible aux collègues du ministère toute la fraternité et la solidarité dont nous sommes héritiers et porteurs.

Jamais peut-être autant que pendant l'année 2017 qui va s'achever, les préoccupations des policiers et des agents du Ministère de l'Intérieur n'ont été aussi fortes et ne se sont exprimées avec autant d'acuité.

Mes chers camarades, il y a trois sujets que je voudrais évoquer brièvement devant vous aujourd'hui

 

 

  • Notre mission de service public auprès du ministère

  • Notre devoir de lanceur d'alerte pour ce qui concerne le burn-out et le suicide

  • L'injuste méconnaissance dont l'ANAS est toujours victime

Le ministère par le décret du 22 juin 2009 confie à l'ANAS la mission, au bénéfice des personnels du Ministère de l'Intérieur et leur famille :

  • De gérer des centres de vacances pour enfants et adolescents, des résidences de vacances, gîtes et campings pour les familles

  • D'organiser l'acheminement des enfants et des adolescents vers les centres de vacances

  • D'organiser les activités d'informations culturelles et ludiques dans les centres et résidences de vacances familiales

  • De gérer le restaurant administratif de Joinville le Pont

  • De gérer les réseaux APEL, ALPHA Espoir et TOXICOMANIE

Voilà mes camarades notre mission de service public auprès de notre ministère.

Une mission que nous remplissons avec succès aux yeux de tous, une mission dont nous pouvons être fiers, une mission qui fait de nous des partenaires à part entière du Ministère.

J'évoquerai maintenant le burn-out et le suicide, ce n'est pas une mince affaire, l'ANAS le sait, l'ANAS le comprend, mais l'ANAS veut aussi alerter sur les façons de faire.

Je veux parler du burn-out, ce syndrome d'épuisement en milieu professionnel ou d'un état dépressif lié au milieu professionnel.

Alors je sais, l'état dépressif en milieu professionnel peut-être aussi accompagné de signes venus d'ailleurs. De son milieu personnel et familial.

Surtout lorsque c'est pour éviter que les plus touchés n'envisagent la pire des solutions, le plus terrible des passages à l'acte.

L'année n'est pas encore tout à fait terminée et voici que nous allons vers les lourds chiffres du nombre de suicides observés dans la Police Nationale. C'est un phénomène qui, à chaque fois nous échappe.

Tant dans la façon dont il se passe que pour ce qui concerne les raisons qui l'entrainent.

Mais voilà, le mal être de certains est bien provoqué par des situations professionnelles mal vécues. Ils le disent. Ils l'écrivent. J'ai une pensée pour les conjoints, les enfants, les familles de celles et de ceux qui ont décidé un jour de partir, un peu trop vite, un peu trop seuls.

 

Le 28 janvier 2015, lors d'une réunion place Beauvau concernant la prévention des suicides dans la Police Nationale, le ministre de l'Intérieur de l'époque décide de sept mesures qui feront l'objet d'un suivi et d'une validation tous les quatre mois.

La cinquième mesure : la signature d'une convention entre la Direction Générale de la police Nationale et l'établissement de soins du Courbat d'ici la fin du 1er semestre dans le cadre du suivi des retours en service après un congé de maladie long.

Je peux vous dire aujourd'hui que rien n'a été signé, malgré notre insistance.

Après, en 2017, on s'étonne de la montée des suicides dans la police nationale. Arrêtons les effets médiatiques et passons au concret.

L'ANAS est en train de mettre en place un colloque sur le suicide au sein de notre ministère et ce n'est pas la moindre des tâches qu'elle s'est fixée ces derniers mois en liaison avec notre établissement de santé du Courbat qui est aussi à l'écoute des plus fragiles de nos collègues.

Quant à son personnel, son dévouement et sa bonne volonté ne sont plus à démontrer. C'est l'occasion pour moi de redire que malgré l'habitude et le professionnalisme dont ils font preuve, ils sont, nous sommes souvent secoués par les cas de détresse qui se présentent à nous.

Alors, je dis à notre Ministre, si 2018 pouvait être l'année de la prise de conscience que l'on peut mieux travailler, mieux commander, mieux diriger, en fait, vivre son métier en meilleures harmonie, ce serait une année qui compterait pour la Police Nationale, pour notre Ministère.

Et, je le répète, 2018 devra être l'année de la prise de conscience dans ce domaine, nous aurons fait un grand pas en avant…et pourquoi pas ensemble.

Le troisième sujet, c'est la méconnaissance dont l'ANAS est victime. Il y a un phénomène bien connu de tous ceux qui travaillent dans ce champ de l'action sociale, c'est la nécessaire discrétion, je dirais presque le devoir de discrétion qui doit accompagner l'action, notamment lorsqu'il s'agit d'assistance, d'aide ou de secours sous quelque forme que ce soit.

Mais dans le même temps, et c'est le paradoxe, il y a un devoir à faire savoir ce que nous faisons.

Mais voyez-vous, pour cela, la meilleure affiche la plus rapidement imprimée, arrivera toujours après ; la communication la plus efficace qui soit est celle assurée par les collègues eux-mêmes, sur le terrain, et qui savent, parce qu'ils le vivent, de quoi ils parlent.

Dès lors, je le dis sans animosité aucune, je regrette que certains croient bon d'afficher leur méconnaissance de ce que nous faisons réellement au quotidien.

Chaque fois que nous la rencontrons, cette méconnaissance, réelle ou feinte, elle ne manque pas de nous peiner au plus profond de nous-même tant il est vrai qu'elle fait injure aux générations de femmes et d'hommes qui, depuis nos fondateurs, depuis plus d'un demi-siècle, n'ont compté ni leur temps, ni leur force pour redonner aux collègues accidentés de la vie leur dignité humaine et sociale.

A ces détracteurs, ces sceptiques, je réponds que l'ANAS va bien, qu'elle a une véritable politique sociale d'envergure appuyée sur l'expérience, le savoir-faire, la méthode et l'organisation anasienne.

J'espère avoir trouvé les mots pour vous communiquer la ferme conviction qui est la nôtre à l'ANAS.

L'ANAS, c'est l'immense énergie déployée tout au long de l'année par des femmes et des hommes qui ont choisi de s'engager au service de l'autre, et plus particulièrement du collègue en souffrance et en détresse, afin de lui apporter aide, réconfort, conseil et soutien.

En votre nom et au mien, je voulais remercier ici toutes celles et ceux qui au sein de notre association se dévouent quotidiennement pour tendre la main à ceux de nos collègues qui en ont le plus besoin.

Sans eux, rien ne serait possible.

Merci à tous, élus, employés, administrateurs, directeurs de centres, bénévoles.

Continuez !

Tenez bon !

Notre tâche n'est pas terminée, elle ne fait que commencer.

A tous, et notamment à ceux qui sont le plus en difficulté, je souhaite de très bonnes fêtes de fin d'année et la meilleure année 2018 possible.

Bonne année à tous et vive l'ANAS.

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