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3 questions à Yves Lefebvre, Secrétaire général d’Unité SGP Police

29/11/2018

 

A l’occasion de sa visite à l’établissement de santé ANAS-Le Courbat, le 29 novembre 2018 (lire notre article ici), Yves Lefebvre, Secrétaire général d’Unité SGP Police, s’est livré à un entretien avec Pierre Cavret, Président national de l’ANAS. 

 

Pierre Cavret : « J’ai apprécié depuis 2015, année de mon arrivée à la présidence de l’ANAS, toute l’aide d’Unité SGP Police et particulièrement de toi, Yves. Ce soutien a permis aussi à l’ANAS d’être encore ce qu’elle est aujourd’hui. Ce lien entre Unité SGP Police et l’ANAS, il est ancien. Que représente-t-il pour toi ? »

 

Yves Lefebvre : « Le lien entre Unité SGP Police et l’ANAS est effectivement historique. Historique, parce que nous sommes tous issus tant du SNIP ANAS des CRS que de la Fédération Autonome des Syndicats de Police. Ce lien a été particulièrement resserré depuis que toi, Pierre, tu as eu le courage de reprendre la présidence de l’ANAS et aujourd’hui notre collaboration est quasi-quotidienne. L’objet de cette collaboration a pour effet de permettre – et je profite de ma présence au sein de l’établissement ANAS-Le Courbat pour le dire – de lutter efficacement contre les risques psychosociaux (RPS) qui peuvent générer diverses addictions, mais aussi de privilégier le loisirs et le bien-être en dehors des heures de travail qui sont, également, des éléments de luttes contre les RPS. Le partenariat entre Unité SGP Police et l’ANAS est particulièrement avéré et se développera dès le début 2019 sous différentes formes. »

 

Pierre Cavret : « L’actualité est encore dramatiquement triste pour les fonctionnaires de police, puisque nous venons d’apprendre qu’un autre de nos collègues avait mis fin à ses jours ce matin. Comment observes-tu cette escalade mortifère ? »

 

Yves Lefebvre : « Effectivement, on vient d’être informé ce matin du 29 novembre 2018 du 34e suicide dans la Police nationale depuis le début de l’année 2018. C’est un chiffre dramatique et on craint son augmentation à l’approche des fêtes de fin d’année, qui est une période trop souvent tragique puisque beaucoup de nos collègues passent à l’acte à ces moment-là pour des raisons que l’on peut comprendre aisément. Ce que nous observons c’est qu’autant en novembre 2015 le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait présenté un plan de lutte contre les risques psychosociaux dans lequel il mettait l’humain au cœur du débat, mais malheureusement les attentats que nous avons connu – ceux du Bataclan, du Stade de France et combien d’autres derrières – n’ont pas permis la réelle mise en application de ce plan de lutte contre les RPS. Puis le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, nous a présenté au mois de mai 2018 un énième plan que j’ai qualifié de pansement sur une jambe de bois, car il n’était pas suffisamment à la hauteur des attentes et du désespoir particulièrement prégnant dans nos rangs. Unité SGP Police a donc décidé que, dès après les élections professionnelles, nous mettrons en place en partenariat avec l’ANAS, mais aussi avec toutes les bonnes volontés, un colloque sur la lutte contre les risques psychosociaux. Je considère qu’aujourd’hui il y a une carence de l’administration, qu’il y une carence du ministère de l’Intérieur en cette matière, et que le problème n’est pas traité comme il devrait l’être. Ce n’est pas, je pense ou j’espère, une question de volonté mais sûrement une question de moyens et, sans doute, d’écoute réelle. Il y a trop de strates dans ce ministère de l’Intérieur qui ne veulent pas entendre le désespoir des policiers de terrain. Donc nous voulons prendre le dossier à bras le corps, comme nous l’avons déjà eu pris auparavant, en faisant réellement des propositions et aussi en partenariat avec l’ANAS qui est légitime pour contribuer au débat. »

 

Pierre Cavret : « Je te remercie pour ta visite au Courbat qui prouve tout l’intérêt que tu portes aux collègues qui sont en train de se reconstruire dans notre établissement de santé. Nous espérons que tu as pu te rendre compte de notre travail auprès des patients policiers. »

 

Yves Lefebvre : « Le Courbat est un site, ô combien, emblématique. Et ce qui est emblématique c’est ce concept de l’action sociale et de la protection pour des policiers par des policiers. Aujourd’hui, le développement du Courbat et sa prise en considération par l’Agence régionale de santé en tant qu’acteur de référence dans la lutte contre toutes les addictions constituent des éléments importants. Lors de ma visite, je dois dire que j’ai été marqué par la jeunesse des patients pris en charge au Courbat, cela prouve que réellement aujourd’hui nous sommes dans une situation désespérée dans nos rangs. La violence à l’égard de nos forces de l’ordre est de plus en plus palpable, peut-être pas quantitativement mais certainement dans la qualification de la violence. En même temps, j’ai vu des collègues un peu plus anciens, issus des unités dites du judiciaire, qui aujourd’hui sont en burn-out à quelques mois de la retraite, donc cela prouve encore qu’il y a ce mal-être. Surtout, je voudrais féliciter le professionnalisme des personnels que j’ai pu rencontrer ce matin, à tous les niveaux – les médecins, la directrice, les administratifs, le personnels encadrants, les soignants et aussi le personnel d’entretien – j’ai senti une empathie constante aujourd’hui et c’est un élément essentiel, qui plus est dans un cadre idyllique et confortable. C’est quelque chose qu’il faut pérenniser et il ne faudrait certainement pas que certains puissent avoir des velléités à retirer le Courbat du giron de l’ANAS et par déclinaison d’Unité SGP Police. On se battra pour cela et pour développer encore plus l’ANAS pour demain et le Courbat par le fait. »

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